Outil

Crédit photo : ARCA, Prototyper
Créateur

Développé pour l’ARCA sous la direction d’Erwan Dieu, criminologue. Réalisé et conçu par Prototyper (Manyssin Thin)

Mécanismes
Pour qui ?

S’adresse aux auteurs d’infraction graves, personnes radicalisées et victimes avec traumatismes.

Public
Préscripteurs

Psychologues pour l’accompagnement en consultation de leurs patients.

Objectifs
Aller plus loin

Sources

Site de l’Arca présentant la simulation:

http://arca-observatoire.com/bifrost-societe-nouvelles-technologies/

Références complémentaires

Disponible sur researchgate:

Dieu, E. (2020, novembre 25). L’accompagnement TIM-E/GLM vers la désistance via la Réalité Virtuelle (FRED)voir le lien

Dieu, E., & AlJoboory, S. (2018, novembre 1). Contribution made by Virtual Reality in the development of « Good Life Plan » applied to victims. Results of CASPERTT, French Psychotraumatological Center. voir le lien

Dieu, E., & Sorel, O. (2019, juin 6). Protocole FRED : L’accompagnement social et de la santé en Réalité Virtuelle. voir le lien

Sorel, O., Dieu, E., & Prisset, N. (2020, février 6). Penser le traumatisme dans sa temporalité (TIM-E) : Accompagnement en réalité virtuelle avec FRED. voir le lien

Sélection éditoriale

Le : 30 septembre 2021, par Eléonore Lassalle

F.R.E.D.

Guider des détenus dans la reconstruction de leur vie


L’essentiel

« Une simulation VR pour accompagner les victimes et auteurs d’infraction »

Outil de médiation numérique, créé par un criminologue, FRED sert à accompagner les victimes et auteurs d’infraction dans un environnement calme et contrôlé. 

Description du cas d'usage

Les objectifs

Les victimes et auteurs d’infractions se retrouvent parfois dans l’incapacité de se visualiser un avenir. L’objectif de F.R.E.D. est de les aider à le réimaginer. La médiation se fait en réalité virtuelle, et a pour but d’aider les patients à planifier leur futur, et à contrer les obstacles qui pourraient se présenter. Ils sont guidés dans cette démarche par un professionnel, psychologue ou psychiatre. 

Les victimes et auteurs d’infractions se retrouvent parfois dans l’incapacité de se visualiser un avenir. L’objectif de F.R.E.D. est de les aider à le réimaginer. La médiation se fait en réalité virtuelle, et a pour but d’aider les patients à planifier leur futur, et à contrer les obstacles qui pourraient se présenter. Ils sont guidés dans cette démarche par un professionnel, psychologue ou psychiatre. 


Le jeu

F.R.E.D. est plus proche de la simulation dans un environnement agréable qu’un jeu. Immergé dans un environnement virtuel, le patient peut librement ajouter, personnaliser et agencer dans son environnement les sphères de vie. Ces sphères de vies sont des éléments qui matérialisent les domaines de sa vie et la manière dont il les investit (famille, relation amoureuse, amis, loisirs, travail, aspirations…).

F.R.E.D. est plus proche de la simulation dans un environnement agréable qu’un jeu. Immergé dans un environnement virtuel, le patient peut librement ajouter, personnaliser et agencer dans son environnement les sphères de vie. Ces sphères de vies sont des éléments qui matérialisent les domaines de sa vie et la manière dont il les investit (famille, relation amoureuse, amis, loisirs, travail, aspirations…).

Mise en oeuvre

Contexte

FRED est utilisé dans le cadre d’un accompagnement de long terme pour les patients par un psychologue ou psychiatre. Il peut notamment être mis en place dans les établissements pénitenciers et lieux d’aide aux victimes. 

FRED est utilisé dans le cadre d’un accompagnement de long terme pour les patients par un psychologue ou psychiatre. Il peut notamment être mis en place dans les établissements pénitenciers et lieux d’aide aux victimes. 


Utilisation du jeu

Le patient est immergé dans l’environnement virtuel, et est guidé par la voix du soignant pour manipuler les sphères de vie avec ses mains, et les organiser.

La simulation est un environnement virtuel où le patient matérialise une représentation qui s’articule autour de son vécu actuel, ses projections futures et son plan d’accompagnement avec le professionnel.

En plus de le guider, le professionnel invite le patient à se positionner dans différents domaines et exprimer ses pensées et son ressenti sur ce qu’il fait.

Le dispositif permet également de sauvegarder le travail d’une séance, et d’y revenir dessus plusieurs semaines ou plusieurs mois plus tard. Cela permet au patient de prendre conscience de son évolution.

Comprendre

Mécanismes mobilisés

Les mécanismes qui sont utilisés avec F.R.E.D. sont à la fois liés à la simulation, mais aussi à l’environnement mis en place dans le cadre de la médiation :

  • Une immersion du détenu dans la simulation propice a l’évolution
  • La démarche de prise de conscience des dissonances entre soi et l’extérieur grâce à la simulation
  • L’importance de la voix du psychologue pour guider le détenu

Une immersion propice à l’évolution

De par son caractère immersif dû à l’utilisation d’un casque VR, FRED offre un espace intimiste et sécurisant pour le sujet, mais aussi directement observable par le professionnel. Le patient peut voir comment il peut faire évoluer son plan de vie. Ce dernier représente les envies et objectifs du détenu à sa sortie de prison.

Prendre conscience des dissonances entre soi et l’extérieur grâce au virtuel

La matérialisation de son plan de vie dans un univers virtuel apaisant, et l’association du geste à l’organisation de son plan de vie, facilite la prise de conscience par le patient de dissonances entre la manière dont il vit et son identité.

Quand la voix guide et mène le patient

Lors de séance, le psychologue guide le patient par la voix, l’invitant aussi à s’exprimer sur ce qu’il ressent et expliquer ses actions. Être guidé par la voix et ne pas voir le professionnel de santé permet aussi de se libérer, car le patient ne se sent pas soumis au regard du psy.


Exemple de mise en oeuvre

La simulation a été utilisée dans différents lieux depuis sa création : à l’Office Cantonal de Détention de Genève, au CASRPERTT (Centre d’Accueil Spécialisé dans le Repérage et le Traitement des Traumatismes Psychiques) dans la Gironde en France, mais aussi en Belgique, en Italie, et en Polynésie.

F.R.E.D. a été testé dans trois cadres différents :

  • Auprès d’auteurs de fait graves, avec un risque de récidive important
  • Auprès de détenus radicalisés et ayants une posture terroriste
  • Auprès  de victimes qui ont subi des traumatismes graves et répété

La simulation a été utilisée dans différents lieux depuis sa création : à l’Office Cantonal de Détention de Genève, au CASRPERTT (Centre d’Accueil Spécialisé dans le Repérage et le Traitement des Traumatismes Psychiques) dans la Gironde en France, mais aussi en Belgique, en Italie, et en Polynésie.

F.R.E.D. a été testé dans trois cadres différents :

  • Auprès d’auteurs de fait graves, avec un risque de récidive important
  • Auprès de détenus radicalisés et ayants une posture terroriste
  • Auprès  de victimes qui ont subi des traumatismes graves et répété


Retours d'expérience

L’accompagnement des ces trois groupes (auteurs de faits graves, radicalisation, victimes) n’avait pas le même objectif et le suivi  a été fait de manière différente. Mais globalement, l’utilisation de F.R.E.D. a été positive : les patients sont plus engagés dans la thérapie, et présentent une évolution plus rapide.

L’impact de la réalité virtuelle par rapport aux auteurs d’infractions graves

Il a été constaté que l’engagement des patients dans la thérapie était supérieur :  habituellement, 33% seulement des détenues pour infraction violentes qui participent à un programme d’accompagnement le finissent. Avec la réalité virtuelle, le taux de finition a été de 75%.
Ils ont formé une meilleure alliance avec le programme qui leur a été proposé, et sont allés plus loin.

L’impact sur personne radicalisé

Le risque de récidive est mesuré par 2 facteurs :

  • Les facteurs de risque, c’est à dire les facteurs préexistants qui augmentent la probabilité d’adoption d’un comportement délinquant
  • Les facteurs de protection, c’est qui au contraire diminuent le risque de récidive

Pour la population radicalisée, les facteurs de risque sont très difficiles à évaluer, car ils ne sont pas stabilisés. Par contre, les facteurs de protection sont plus simples à évaluer. On constate que l’utilisation de F.R.E.D. dans le programme permet aux personnes suivies de mieux résoudre les situations sociales, et de développer des compétences comme l’esprit critique ou la prise de distance.

L’impact sur des victimes avec traumatisme grave et répété au Centre CASPERTT, centre de psychotraumatologie.

Une évaluation préliminaire, mais très standardisée, a été réalisée sur 15 personnes, dont un groupe témoin. Les résultats obtenus ont montré que l’usage de F.R.E.D. seul était aussi pertinent que la méthode EMDR. Et lorsque les deux méthodes ont été combinées, les résultats sur les patients ont été obtenus 3 fois plus vite.

Ces utilisations sont très porteuses. Un psychologue clinicien, Alix Lavendier, a été recruté par le Centre Pierre Janet pour réaliser un thèse sur le sujet. Il va présenter ses travaux au Congrès EMDRia